Humeurs

Rentrer dans le Clan.

30 janvier 2019

Rentrer dans le Clan.

Faire clan

Être de la même équipe…

Appartenir à une famille…

C’est des questions que je me pose, moi la femme de presque 50 ans.

Pour moi, qui suis un animal social, les autres sont importants. Peut-être trop.

Dans une autre vie, j’ai dû vivre à Okinawa, l’île japonaise où l’on compte le plus de centenaires au monde et où la vie en communauté intergénérationnelle est la règle. Vous me voyez venir : les liens sociaux, ça conserve !

Je sais que ce n’est pas le cas de tout le monde.

Et j’avoue admirer ceux d’entre nous qui se suffisent à eux même.

Qui n’ont pas besoin de beaucoup de gens autour d’eux, de regroupements fréquents et réguliers, de faire clan quoi.

Faire clan ? Mais ça veut dire quoi cette expression toute pourrite qui tu nous sors là ?

Pour moi, c’est une histoire d’appartenance. J’aime vivre « en équipe ». Sentir que je fais parti d’un groupe. Que les gens que j’aime sont autour de moi. Qu’ils me témoignent leur affection. Qu’ils me laissent les entourer de la mienne. Que nous nous retrouvons régulièrement dans la légèreté et les éclats de rire, ou les larmes parfois. Que nous organisons des trucs tous ensemble. Que nous partons en balade ou en vacances. Qu’on est là, les uns pour les autres quoi qu’il arrive. Qu’on partage.

C’est de là que je puise une grande partie de ma force, de mon énergie.

Non, je ne suis pas un vampire qui suce le sang des autres. Juste, je donne sans compter, souvent plus que je ne reçois. Je ne tiens pas de comptabilité. J’ai besoin de cela. C’est ainsi que je fonctionne.

Je sais que c’est un fonctionnement un peu particulier. Que le seul clan qui est en général admis est celui de sa famille.

Il est normal d’être une famille et de faire des choses ensemble. Des parents avec des enfants petits. Des balades en forêt, des goûter d’hiver, des pique-niques, les vacances, Disneyland, bref, vous voyez quoi ! Puis, les enfants grandissent et là déjà, c’est plus tout à fait pareil. La société regarde avec méfiance ces familles qui traînent toujours ensemble. Se réunissent tous les week-ends avec les enfants, leurs conjoints, les petits enfants, le chien… Où tous les membres y prennent du plaisir, en ont besoin. Je ne pourrais pas vivre à plein temps avec mes parents, mais je ne serais pas contre un gigot-flageolet-tarte aux pommes, le dimanche de temps en temps si nous n’habitions pas tous loin. D’ailleurs, cette année, j’ai pris beaucoup de plaisir à me retrouver chez eux avec ma sœur & co. De passer le nouvel an avec mon frère et son équipe.

Quand ce sont des amis qui fonctionnent ainsi, c’est encore plus compliqué. Où est la limite entre la vie en kiboutz et l’intrusion dans la vie des autres. Comment faire pour que chacun y trouve son compte ? Comment trouver ce juste-milieu ? Entre ceux pour qui s’est une évidence et ceux que cela rebutent.

Parce que justement, j’y ai beaucoup réfléchi : je fonctionne comme ça. Je me répète, je sais. J’aime être entourée et bien entourée. J’aime l’effet de groupe, de tribu, où les frontières s’effacent. Où l’on est tous du même clan. Je m’y sens rassurée, en sécurité. Comme si rien de négatif ne pouvait m’atteindre. Mes amis proches ont toujours eu les clefs du Poulailler par exemple. Et pouvaient aller et venir comme bon leur semblaient, ça ne m’a jamais posé de problème, bien au contraire.

Sauf que…

Sauf que j’oublie que tout le monde ne peut pas, ne veux pas vivre ainsi.

Mon ex-coloc de grotte me l’a fait très justement fait remarquer l’autre jour.

Et quand la réalité me rattrape, et bien, c’est douloureux.

Mon clan amical a explosé, il n’y a pas si longtemps. Avec le recul et un peu lucidité, je me suis rendu compte que ce n’était pas la première fois que cela m’arrivait (pour de multiples raisons d’ailleurs). Il est à parié que ce ne sera pas la dernière. Même si cette fois, c’est particulièrement violent. Parfois, les histoires se finissent juste parce que c’est le moment, parfois, c’est le temps qui fait son œuvre, parfois il y a des larmes et du sang. Depuis, j’avance sur la pointe des pieds. La blessure est encore à vif. Il me faudra du temps pour cicatriser. La vie est ainsi faite.

Je n’ai pas perdu tous mes amis dans la bataille heureusement, nous en avons déjà parlé. Certains ont toujours été là, mais je ne les voyais pas vraiment, aveuglée que j’étais, d’autres apparaissent. D’anciens aussi reviennent par les hasards de la vie. C’est juste que la façon de fonctionner qui est différente et pour l’instant, je ne m’y reconnais pas. Je ne sais pas si c’est une histoire d’âge (la femme de presque 50 ans, tout ça, tout ça), ou si c’est juste que notre destin est ainsi fait, qu’il faut laisser le temps au temps et reconstruire de nouvelles histoires sur de nouvelles bases avec de nouvelles façons de fonctionner.

Cette pause, cette prise de recul me permet aussi de me rendre compte aussi des autres clans dont je fais partis, moins fusionnels certes, mais quand même. Vous, mes lecteurs, entre autres.

Comme quoi, chaque expérience de la vie est source d’enseignement. 

Pas de nostalgie pour le passé dans cet article, ni de plaintes. Non, non, juste des interrogations.

Comment font les autres ? Comment vous en sortez-vous, vous ? De quoi avez-vous besoin ? Que faites-vous lorsque tout vole en éclat ?

Dites-moi, ça m’intéresse.

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