Humeurs

Ma reconversion

02 juillet 2019

Ma reconversion

Il y a quelque temps, j’ai reçu d’une des lectrices de ce blog un demande inhabituelle, mais intéressante : en pleine reconversion professionnelle, elle se posait beaucoup de questions et voulait savoir comment moi qui suis dans le même cas, je gérais la chose. 

Alors Alors Alors 

Comment dire…

Faisons d’abord un peu d’archéologie : je n’en suis pas à ma première reconversion. Loin de là. Mon parcours, à force, pourrait même en paraître incohérent, bien que ce ne soit pas le cas. Mais il va falloir que je te raconte ma vie, et il va te falloir un peu de temps devant toi. 

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C’est que le phénomène a commencé très tôt pour moi.

Fin de 3ème, en bonne ado boutonneuse que j’étais, je me faisais tellement ch*er au collège que j’ai été orienté vers un BEP-CAP de dessinateur en génie civil. Là, c’est la révélation ! Je percute vite, je suis dans les premières, et tout, et tout. Suite logique, BT de collaborateur d’architecte. Là aussi super génial au top ! Je suis dans mon élément. Mes notes au BAC sont incroyables. Alors zou, l’école architecture, et là, c’est le drame. J’étais une bonne technicienne, mais je n’avais pas suffisamment de confiance en moi pour lâcher les chevaux de l’imagination… Deux ans de souffrance… Et… 1re reconversion nécessaire….

J’entre à la FAC en Histoire de l’Art : DEUG, Licence, Maîtrise, DEA, DESS, c’est top, je m’éclate de nouveau. On nous bourre le mou que nous sommes l’élite, que l’on attend que nous à la sortie… Ouai bof Je passe pleins de concours… Que je rate évidemment… Sauf que personne ne me dit qu’un concours ça se repasse, et plusieurs fois en plus… Alors la mort dans l’âme et complètement desespérée… Je fais autre chose…

Entre temps, j’ai suivi le Coq qui travaille dans le génie civil, lui, et on déménage souvent. La Gazelle est née aussi. Ce n’est pas facile de tout gérer surtout que le Coq est souvent en déplacement.
 
Des « petits boulots » pas désagréables certes, voir même intéressants où j’apprends beaucoup, mais pas le job de ma vie… Et la naissance de celui qui est aujourd’hui un Ado.

Et puis un déménagement de plus qui, au final, ne se fait pas… Et ma première prise de risque : je lance une micro-entreprise de bijoux. Je crée, je fabrique, je distribue. Ça me va, c’est cool, c’est créatif, ça marche pas mal. Ça dure 2 ans… Et puis il faut se rendre à l’évidence, ça ne suffit pas pour vivre… Faut faire autre chose… Encore…

Un peu d’errance, et une formation de dessinateur sur AUTOCAD pour revenir vers mes premiers amours. Un boulot, en suivant, dans un atelier de maquette 3D. Là, pour le coup, j’adore ce que je fais. C’est ludique et créatif. Et c’est à 5 min de chez moi. Sauf que rapidement, le temps se gâte entre le dirigeant et moi. Et au bout d’une année éprouvante, la torture prend fin. Je le vis mal, très mal. J’ai beaucoup de difficultés à me reconstruire… Et me reconvertir une nouvelle fois.

Je lance alors 100% COCOTTE avec une de mes amies.

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Ça cartonne. On est comme des folles. On fait des t-shirts, des sacs, des portés-clés … Avec des cocottes dessus. Le projet est abouti. La fabrication bien rodée. On vend super bien. Mais ma co-cocotte jette l’éponge. Je me retrouve seule. Je tiens encore un peu, mais je n’ai pas 12 bras… Donc… Je me remets à la recherche d’un VRAI boulot cette fois.

Je deviens Auxiliaire de Vie Scolaire, mon boulot de grande. J’accompagne dans les écoles et collèges des environs des enfants en situation de handicap. Une surprise incroyable. J’adore ce que je fais. Ça va durer 7 ans. Le boulot est éprouvant, fatigant, mal payé, précaire (des CDD qui se renouvellement tous les ans) mais tellement gratifiant quand les enfants réussissent. Le problème est que j’ai fini par en faire le tour… Que j’ai commencé à m’ennuyer… Et puis que quelques ennuis de santé ont parasité le reste…

Donc, de nouveau : « où vais-je ? Dans quel état j’erre ?« 

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Suaf qu’aujourd’hui, c’est un peu diffèrent. J’en ai assez de ne pas trouver ma place. Et je n’ai pas l’énergie de partir à fond dans un projet sans fondement. Alors bilan de compétence dont je me suis saisie pleinement. J’ai appris plein de choses sur moi, et surtout sur ce que je ne voulais plus. Et j’ai éprouvé le besoin de formation pour asseoir des compétences que j’avais déjà, mais que j’utilisais de façon instinctive. En effet, depuis toujours, je vis avec mon smartphone greffé à la main. Y avait sûrement à faire quelque chose avec ça. Et puis il y a ce blog. Et l’architecte d’en haut m’avait aussi fait rédiger un article pour son blog… Tout ça, mis bout à bout, a dessiné un projet vivable et réalisable. J’ai attaqué au mois de septembre dernier une formation de rédactrice web que je complète en ce moment par une formation de community manager. 

Des tonnes de questions m’assaillent tous les jours : est-ce la bonne décision ? La bonne branche ? Suis-je vraiment faite pour cela ? Selon les jours, j’oscille entre « évidemment/peut-être/pas du tout » ! Je suis en recherche de stage. C’est compliqué. Ça ne se trouve pas sous le sabot du premier cheval venu. Mais comme on est encore 6 dans le même bateau, j’essaye de me dire que cela n’a rien à voir avec mes compétences. Que ça va venir. Que quelque chose va se débloquer bientôt. Faire confiance à son destin… Se faire confiance…

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Car tout est là, je crois. Il faut se faire confiance. Il faut écouter nos voix intérieures qui nous indiquent la bonne direction. J’aurai au moins appris cela de tout ce parcours torturé. Mais se faire confiance est si difficile… Je me connais bien, et je suis très exigeante avec moi-même. Quitte à ne pas faire si c’est pour mal faire… Je n’ose pas, je n’ose plus. Je n’ai plus l’insouciance de mes 20 ans, la maturité de mes presque 50 ne me va pas bien au teint. Je n’ai plus la légèreté de l’être, et j’ai envie de réussir pour de vrai cette fois. Arrêter l’errance professionnelle. Me poser. La fluctuation de mes humeurs est déjà bien assez compliquée comme ça à vivre au jour le jour.

Alors, je vais continuer à suivre le conseil que l’on m’a donné une fois : 

fais simple et navigue à vue…

Et toi ? Comment fais-tu ?

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